La santé avant la performance
Hier j’ai couru les 20 kilomètres de Paris pour la deuxième année consécutive et c’était franchement pas beau à voir. D’un point de vu comptable j’ai fait mieux que l’an passé ce qui est assez satisfaisant…mais à quel prix ?
Depuis deux mois je m’étais préparé consciencieusement :
- achat d’une montre pour enregistrer ma progression et travailler mon rythme cardiaque car j’avais totalement arrêté mes jogging du dimanche
- lecture de sites spécialisés pour me créer un planning d’entraînement sur mesure
- nutrition plus saine et équilibrée
- ralentissement de ma consommation de weed
Je commence l’entraînement, c’est dur mais les résultats sont là et encourageant ; je cours 100km en 3 semaines. Je me sens fort. Je cours plus de 15km désormais sans être réellement fatigué.
Trois semaines avant la course je me blesse donc repos total pour récupérer et être prêt le jour J. J’ai le moral à 0 et en veux à la terre entière…tant d’efforts pour rien. Rien à faire je ferai cette course quitte à ce que ma jambe lâche.
Une semaine avant la course je reprends l’entrainement : 8km il y a 8 jours (énorme douleur à la jambe mais pas au même endroit) ; 6 km 3 jours avant la course (impossible de trouver mon souffle mais plus de douleur) et 3 km la veille de la course pour récupérer de ma gueule de bois et me dégourdir les jambes. Je m’étais fixé comme objectif 1h50 à la base mais avec ma blessure j’avais revu mes ambitions à la baisse soit moins de 2 heures (du coup je faisais mieux que l’année précédente ce qui était satisfaisant).
Ah oui j’ai oublié de dire je suis quelqu’un d’hypocondriaque donc très à l’écoute de mon corps pour un oui ou pour un rien ; dés que je fais un pas je « tends l’oreille » pour guetter une douleur quelconque à ma jambe. Rajoutez à cela que je cours avec quelques personnes de mon entourage ne fait qu’augmenter la pression sur mes épaules car il faut que je fasse mieux qu’eux ou au moins aussi bien.

Jour J. Je mange un Bio, bois un Actimel et mange une demi tranche de pain de mie à 7h du matin.
10h départ de la course avec mes amis. Je me sens bien, on avance bien et je n’ai pas mal à la jambe. 10km, je commence à avoir du mal à suivre le rythme. Au KM12 je les lâche et entame 8km de calvaire en solitaire (avec 20 000 coureurs autour de moi quand même). Franchement certains diront que mentalement je n’ai pas lâché car j’ai fini cette course mais personnellement je trouve que j’ai complètement craqué car j’aurais dû arrêté et ne pas me mettre dans le rouge comme je l’ai fait. Du fait de vouloir faire mieux que les autres je me suis accroché et j’ai même ré accéléré au KM18. Résultat je franchis la ligne d’arrivée, m’effondre comme une merde par terre, l’hypocondriaque que je suis refait surface, crise d’angoisse car j’ai du mal à reprendre mon souffle, j’appelle les secours, quelqu’un de la sécurité civile arrive pour s’occuper de moi le temps qu’une civière arrive, des coureurs me donnent à boire et à manger. Je revis… du moins ne perd pas connaissance mais je suis tout de même trop faible pour marcher. La protection civile décide de me transporter jusqu’à la tente pour prendre mon pouls et me donner à boire mais ces cons de secouristes les secouristes lâchent le brancard malencontreusement et je me retrouve par terre – ça réveille – genoux et épaule ouverts, hématomes dans tout le dos. J’entends la foule qui les engueule, intérieurement je suis mort de rire, je n’ai rien senti et trouve la situation plutôt cocasse.
L’année passée je me demandais pourquoi il y avait des panneaux à 3km de l’arrivée : « la santé avant la performance », bah cette année j’ai compris que c’était pour les gros blaireaux comme moi.
Je suis rentré chez moi, j’ai dormi tout l’après midi me suis réveillé avec un gros mal de tête que je traîne encore un peu à l’heure où j’écris ces lignes.
J’ai bouclé l’épreuve en 1H54 soit 6 minutes de mieux que l’an passé. La majeure partie de mes amis ont fait mieux que moi, je me suis bien fait peur et suis encore un peu choqué de ce qui semble avoir été une crise d’hypoglycémie.
Je pense avoir commis 3 erreurs :
- je me suis mis une pression inutile sur les épaules
- j’aurais dû manger des pâtes à la place de mon Bio
- j’aurais dû ralentir ou arrêter (mais je n’étais plus très lucide)
Je me souviendrais longtemps de cette journée pour 2 choses : le calvaire que j’ai vécu d’une part mais surtout pour la sensation que j’ai ressenti quand j’ai mis dans ma bouche cette barre chocolaté (sur laquelle je ne poserais même pas les yeux dans la vie de tous les jours) qu’un coureur m’a tendu à l’arrivée – c’a a été complètement orgasmique.
Enfin pour conclure je tiens à saluer les organisateurs pour cette magnifique course MAIS voulais aussi pointer du doigt que ce n’est pas du tout agréable de courir avec plus de 20 000 personnes autour de soi – j’ai passé plus de temps à essayer d’éviter les coureurs qu’à me concentrer sur mon souffle et ma foulée, c’était franchement pénible et ça a gâché une bonne partie de ma course. Pourquoi ne pas organiser des départs par vagues ??? ça rendrait l’épreuve tellement plus agréable pour tout le monde.
Ci-dessous les détails de mon chrono.

Et bien le naze félicite le blaireau ;-)
Autant j’ai un gros doute maintenant sur le marathon, autant je compte bien reprendre et arriver à faire un 20k.
Bravo (quand même) !
Merci. Moi aussi du coup j’ai un gros doute sur le marathon :)
Vraiment sympa ce compte-rendu !
Merci pour ce petit instant de rigolade :)
http://enroutepourunmarathon.blogspot.com/
J’ai bien ri, merci bien !
Sinon les pâtes le matin, sauf si tu fais dans le marathon ou plus, ce n’est pas indispensable (perso je ne peux rien avaler le matin d’une course, alors des pâtes…). Je te conseille du miel et/ou du chocolat :-)
Mais tu as l’air très lucide a posteriori, notamment sur ce stress mal géré : il faut vraiment que ça reste un plaisir.
Et puis, tu as terminé, et dans tes objectifs en plus !! Bravo !
@ javayoyo & Sia: Content de vous avoir fait rire en tous cas ;)